“En réagissant tout de suite à ces annonces de fermetures, nous avons gagné à ce que ces structures restent dans la ville.”

27 juin 2016 0 Par gillespoux.fr

Pourquoi avoir dénoncé le manque de moyens dans les services publics ?

Lorsque nous avons porté plainte pour discriminations sociales et urbaines, nous avons eu raison. Cela a permis d’alerter sur cette injustice et de mieux faire reconnaître notre territoire. L’obtention de la gare du Grand Paris Express aux Six-Routes en est un exemple. Malheureusement, avec le choix que fait ce gouvernement de réduire les dépenses publiques, cela ne fait pas le compte. Que cela soit à propos des conditions d’accueil ou des fermetures répétées à la Poste, à la sécurité sociale et à la CAF, ou à propos des manques de moyens pour l’école et la Police nationale, il ne se passe pas un jour sans qu’un Courneuvien ou une Courneuvienne m’explique les difficultés subies au sein des différents services publics. C’est inacceptable. Alors quand j’ai appris qu’il était question de fermer le Trésor public et le centre médico-psychologique, j’ai immédiatement décidé de réagir et d’appeler à la mobilisation.

Qu’a permis d’obtenir cette mobilisation ?

En réagissant tout de suite à ces annonces de fermetures, nous avons gagné à ce que ces structures restent dans la ville. Mais nous devrons rester particulièrement vigilants pour que cela soit rapidement confirmé de manière officielle. Au-delà de ces cas précis, cette mobilisation a également été l’occasion d’interpeller le gouvernement sur ses choix politiques. Car il me semble que c’est précisément dans des villes comme La Courneuve, où les habitants subissent plus durement les effets de la crise économique et des politiques d’austérité, qu’il y a besoin de plus de services publics.

La précarité sociale est devenue le 21e critère de discrimination le 14 juin…

C’est évidemment une très bonne chose qui a été rendue possible grâce au travail du mouvement ATD Quart Monde, qui fait suite à la plainte que La Courneuve a déposée en 2009. Cela confirme qu’en plus d’être une injustice, la précarité engendre aussi des discriminations. Je pense notamment à l’accès aux soins des bénéficiaires de la CMU ou à l’accès à la location d’un logement du secteur privé. L’adoption de ce nouveau critère de discrimination permet donc de disposer d’un outil de plus pour favoriser l’accès aux droits de toutes et tous. Mais n’ayons aucune illusion, cela ne suffira pas en soi à inverser les réalités. C’est pourquoi j’appelle les Courneuviennes et les Courneuviens à se mobiliser pour que notre territoire dispose de services publics à la hauteur de nos besoins.

Éditorial publié dans le journal Regards n°454