Pour les femmes salariées du commerce, la loi Macron empêche de concilier vie familiale et professionnelle

2 février 2015 0 Par gillespoux.fr

En effet, cette loi veut étendre le travail du dimanche mais aussi le travail en soirée dans le commerce.

Qui est touché par cet allongement du temps du travail ?

Essentiellement des femmes : Le travail du dimanche concerne particulièrement les femmes.
De manière générale, 56% des salariés qui travaillent le dimanche sont des femmes (Dares analyses n°075, oct. 2012).

78,5% des caissiers sont des femmes, ce sont encore les femmes qui sont les plus nombreuses parmi les hôtesses d’accueil, les démonstratrices… sans oublier les agents d’entretien (70%), toutes celles qui nettoient les grandes surfaces.

C’est majoritairement des femmes des quartiers populaires qui travaillent dans le commerce, les statistiques le montrent.

Ainsi, à La Courneuve, plus de 55% des femmes en activité travaillent dans le commerce, transports et services divers. De plus 80% des courneuviennes en activité  travaillent hors de la ville. (INSEE recensement de la population 2011)

Beaucoup de ces salariées connaissent les contrats précaires, les temps partiels imposés et les bas salaires.

La loi Macron, qui prétend leur permettre de gagner plus grâce aux dimanches et aux nocturnes, va en fait mettre en jeu leur santé, leur vie familiale, notamment l’organisation de la garde et de l’éducation des enfants…

Les enfants ?

Considérant que c’est sur les femmes que repose encore l’essentiel de l’éducation et de la prise en charge des enfants, que les familles monoparentales – c’est-à-dire des femmes seules avec enfants dans 9 cas sur 10 – représentent 20% des ménages à La Courneuve, qui gardera les enfants et à quel prix ?

Tout débat autour du développement du travail du dimanche doit donc nécessairement intégrer cette dimension sexuée, et les questions qu’elle soulève en matière d’articulation des temps de vie professionnelle, vie familiale et vie sociale. Ce qui n’est pas pris en compte dans la loi présentée !

Une loi peut en cacher une autre ! 
Avec l’extension programmée du travail du dimanche dans le commerce et en soirée, c’est le développement du travail du dimanche à d’autres secteurs et activités que pose en fait cette loi: le personnel d’entretien qui nettoie les centres commerciaux, les surveillants ; mais aussi les transports de ces personnels qui seront amenés à se déplacer en nombre… Et après, à qui le tour ?

De fait, la loi Macron menace la santé des salarié-e-s, leur vie familiale, leur vie sociale.

Qui tire profit de l’extension du travail du dimanche et en soirée ?

Ce sont les grandes enseignes, les grands groupes pour qui la libéralisation des horaires est une arme supplémentaire dans la bataille qu’ils se livrent entre eux pour agrandir leurs parts de marché. Le petit commerce, encore très répandu, est pour eux un manque à gagner et le commerce en ligne une concurrence.

Avec la fin du repos dominical,  ils veulent reprendre un temps libre commun à toutes et à tous.

Ne pas se résigner aux reculs sociaux

C’est pourquoi, je soutiens les actions des associations féministes, des syndicats en particulier du commerce contre cet article de loi qui, dans un contexte aussi d’affaiblissement des services publics, est un mauvais coup pour les femmes salariés du commerce et pour leur famille, un mauvais coup pour la vie sociale dans son ensemble.

Le travail du dimanche et en soirée ne paraît être pas la bonne et efficace réponse au désir d’un meilleur salaire, d’un travail à temps complet, de concilier vie familiale et professionnelle !

Ne risque-t-on pas au contraire de voir grandir le repliement sur soi, l’isolement dans la société si les temps pour le vivre ensemble disparaissent ?