“Il restera à jamais un symbole de l’émancipation humaine”

20 décembre 2013 0 Par gillespoux.fr

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce du décès de Nelson Mandela ?

J’ai éprouvé une vraie émotion, teintée de tristesse, de respect profond pour cet homme  et son combat, de souvenirs personnels liés à mes engagements dans les années 80 pour sa libération. Je sais que beaucoup de Courneuvien.ne.s, dans leur diversité, ont aussi été touchés par cette disparition. Je pense en effet que chacune et chacun peut se retrouver dans cette exceptionnelle humanité qui a marqué les choix et les actions de cet homme. Nelson Mandela n’a jamais plié face à un régime d’apartheid qui niait la dignité humaine et avait érigé le racisme et l’humiliation en système. Cela lui coûta vingt-sept années de bagne, mais devenu président de l’Afrique du Sud, il s’est fixé l’objectif, qui paraissait insensé, d’unir tout son peuple, Noirs et Blancs mêlés, et il l’a atteint. Il restera à jamais un symbole de l’émancipation humaine.

Comment s’est concrétisée la lutte contre l’apartheid dans notre ville ?

Dans les années 80, agir contre l’apartheid allait de pair avec l’exigence de la libération de Nelson Mandela. Or, la ville de La Courneuve a été l’une  des premières en France à nommer Nelson Mandela, citoyen d’honneur. Mesurons la clairvoyance, le courage et la conviction dont James Marson, mon prédécesseur, et son équipe ont fait preuve alors pour accomplir un tel acte, cinq ans avant la libération de Mandela.
À ce moment-là, en 1985, le combat de Mandela était encore mal connu par l’opinion, pas relayé dans les médias. Et les entreprises françaises continuaient en toute impunité leur commerce honteux avec le régime raciste d’Afrique du Sud. Puis, en 1988, le nom de Mandela a été donné à un nouveau stade, et une rue a été baptisée Dulcie-September, du nom de la représentante de l’ANC assassinée quelques mois auparavant. Au-delà de ces gestes importants, ce sont les Courneuvien.ne.s qui se sont mobilisés contre l’apartheid. Notre ville peut être fière de ses combats.

Que retenez-vous de la lutte et de la vie de Nelson Mandela ?

Sa vie m’inspire à la fois beaucoup d’humilité et beaucoup d’espoir, dont il disait que “c’est une arme puissante”. L’espoir d’une vie meilleure. L’espoir dans l’humanité et dans la capacité des femmes et des hommes à prendre en main leur propre vie, à se rassembler pour conquérir ce qui semble parfois impossible, pour ne jamais abandonner leurs propres rêves.

Éditorial publié dans le Regards n°396