Adieu James

Nous avons rendu un bel hommage à James Marson, maire de La Courneuve de 1973 à 1996. Sa disparition plonge nombre de Courneuvien-e-s dans la relecture de pages passionnantes de leur histoire commune. Les nombreux témoignages de soutien reçus illustrent la place et le rôle qui fut le sien dans sa ville.

Sous l’impulsion de James, La Courneuve a réussi à négocier le virage que la période douloureuse de la désindustrialisation nécessitait. Les vagues brutales de licenciements mutilaient les vies et les espoirs d’une population sous le choc du chômage de masse. Mais James a su conjuguer lutte-résistance-rénovation urbaine pour un cadre de vie humain et solidaire. Avec la restructuration des 4 000, qui se poursuit aujourd’hui, il a dû accompagner une population découragée par le désintérêt que lui témoignait la société.

Son esprit tenace et battant nous a rassemblés chaque fois que les enjeux le méritaient. Depuis, même s’il continue de nous malmener, l’état sait qu’ici, on résiste. Ainsi, nous avons préservé notre parc menacé par les promoteurs et la défiguration routière, développé nos actions éducatives, culturelles, sportives… reconfiguré nos quartiers, construit et modernisé nos équipements, nos lieux d’accueil, nos écoles…

« Dans ses pas nous valorisons au quotidien les droits des femmes, développons l’apprentissage de la langue française… »

Parce que James n’a rien lâché pour gagner le T1, nous en sommes à la ligne 11 et un maillage de transports en commun performant s’offre à nous. Dans ses pas nous valorisons au quotidien les droits des femmes, développons l’apprentissage de la langue française… James voulait que les Courneuvien-e-s aient droit au beau. Petit à petit tout en assumant la grande diversité humaine qui s’invite, le beau s’installe.

Notre ville joue dans la cour des grands. Nous recevrons bientôt la coupe du monde de rugby, les JO, une gare du Grand Paris Express parce que La Courneuve compte parmi les villes les plus dynamiques de la métropole naissante.

C’est à affronter tous ces défis que nous a préparés James Marson. Le meilleur hommage à lui rendre c’est de ne rien lâcher pour affronter les nôtres.

Éditorial publié dans le journal Regards n°486

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