Soif de Justice

Le terme « politique de la ville » regroupe un ensemble de dispositifs dont l’objectif est de réduire les inégalités entre territoires. Il s’agit de restaurer l’égalité républicaine pour les habitants lourdement frappés par les difficultés sociales dues à des politiques économiques brutales. La quasi-totalité de la population de notre commune (86 %) entre dans ce dispositif.

Nous devrions donc être prioritaires et obtenir des moyens conséquents. La réalité est malheureusement totalement différente. Non seulement les inégalités perdurent année après année mais elles s’accentuent. Par exemple, les Courneuviens n’ont droit qu’à un conseiller Pôle emploi pour 200 demandeurs d’emploi quand, en France, la moyenne est d’un conseiller pour 90 demandeurs.

Alors que notre commune sert souvent d’exemple pour symboliser les territoires concernés par la politique de la ville, les moyens spécifiques qui nous sont accordés sont là encore, comme pour toutes les villes de Plaine Commune, inférieurs. Quand la moyenne nationale des crédits « politique de la ville » est de 45 euros par habitant-e-s, elle n’est que de 25 euros pour La Courneuve.

Où est l’égalité républicaine ?

C’est ce que j’ai expliqué à Monsieur le Préfet, en visite à La Courneuve récemment. Depuis nous avons travaillé avec le tissu associatif pour traduire clairement nos besoins auprès de l’État. Par exemple, dans une ville qui compte près d’un tiers d’étrangers, investir pour des « ateliers culturels et sociaux-linguistiques » est indispensable si l’on veut favoriser l’accès aux droits, le vivre-ensemble, les relations avec le service public, la formation, l’emploi…
N’est-ce pas la mission de la « politique de la ville » ?

Mais cette année encore, l’État s’apprête à balayer la timide augmentation demandée – aller vers 31e par habitant ­­– qui pourtant n’est que « justice ». C’est insupportable de voir l’énergie et le travail de nos agents, des associations, pour construire des dossiers crédibles et argumentés ainsi méprisés.

C’est pourquoi j’ai décidé de réunir, à l’Hôtel de ville, le 5 avril prochain à 18h30, toutes les associations concernées, tous les acteurs associatifs, pour faire le point et décider ensemble des formes d’actions indispensables pour nous faire entendre. 

Éditorial publié dans le journal Regards n°470

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